Colère, je t'écoute

On nous apprend souvent à calmer notre colère. Plus rarement à l'écouter. Une réflexion sur cette émotion aussi redoutée qu'essentielle.

6/11/20262 min read

J'en ai marre de ce discours pseudo-positif, spirituel ou encore religieux :

« Regarde le bon côté des choses. »
« Sois reconnaissant. »
« Il faut profiter de la vie. »
« Arrête de te concentrer sur ce qui ne va pas. »
« Sois positif. »

Pour moi, poussé à l'extrême, c'est la porte ouverte à l'abus, physique ou psychique, à la manipulation, à l'intrusion et parfois même aux personnalités les plus toxiques.

Attention, je ne suis pas pour la pensée négative, l'identification à nos émotions ou l'emballement émotionnel permanent.

Mais il y a une nuance.

Très jeune, on a voulu me couper de ma colère.

Chaque fois que je ressentais quelque chose, chaque fois que je percevais qu'une limite était franchie, que quelque chose clochait, je devais me taire.

Pourquoi ? Je ne sais pas exactement.

Sûrement parce que ma mère avait très peur de perdre les liens qui l'entouraient. Alors elle se sacrifiait, elle et ses besoins. Et cette manière de fonctionner, elle me l'a gentiment transmise.

Quand je me mettais en colère parce que c'était trop, le problème devenait moi.

Alors j'ai longtemps oscillé entre répression, tension, silence, explosion, expression, puis culpabilité.

Oui, cela n'a pas toujours été facile.

La bonne nouvelle, c'est que même lorsque l'on nous coupe de cette émotion importante, qui constitue selon moi un des fondements de notre santé mentale, il est possible de rétablir la communication avec elle.

Rien n'est perdu.

La colère est là pour nous protéger.

Pour prendre soin de nous.

Pour nous signaler qu'il y a une intrusion sur notre territoire, physique ou psychique.

Mais si cette émotion est si importante, pourquoi nous en coupons-nous ?

Je pense que c'est souvent par peur.

Peur de perdre le lien.

Peur de décevoir.

Peur de renvoyer une mauvaise image.

Peur d'être rejeté.

Il existe sûrement d'autres raisons.

Le danger, c'est qu'en faisant cela, c'est nous-mêmes que nous finissons par perdre.

Nous perdons notre boussole intérieure.

Notre système d'alarme.

Notre capacité à repérer les relations déséquilibrées, les personnalités manipulatrices, les chefs toxiques, les personnes émotionnellement instables ou simplement les relations qui nous vident lentement de notre énergie.

Puis il y a une autre chose.

Si le monde avance, c'est aussi parce que certaines personnes ont eu le courage de se mettre en colère.

Pas n'importe comment.

Pas en détruisant tout sur leur passage.

Mais en utilisant cette énergie pour dire non, poser des limites et faire émerger un équilibre plus juste.

Peut-être que la colère n'est pas le problème.

Peut-être que le problème commence lorsque nous cessons de l'écouter.

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