Ce qui ne viendra (peut-être) jamais
Les attachements excessifs n'ont jamais été une vertu. Mais que cachent-ils réellement ? Je n'ai pas toutes les réponses, mais j'ai quelques pistes de réflexion.
6/9/20263 min read


Peut-être que je me trompe, mais voilà, après avoir passé un certain temps à analyser, à m'analyser, à lire et à écouter, je suis arrivée à une conclusion qui vaut ce qu'elle vaut.
Je me demande si certaines formes de loyauté excessive ne cachent pas parfois un attachement insécure.
Pourquoi attachement insécure ?
Parce que l'attachement en lui-même n'est pas mauvais. Je ne vais pas trop m'approfondir sur ce sujet, mais je suis d'un avis un peu différent de certaines idées spirituelles assez extrêmes autour du détachement absolu.
Nous avons besoin les uns des autres pour nous construire, nous soutenir et avancer. Mais pas à n'importe quel prix.
Si je poursuis cette réflexion, je me demande si certaines formes de loyauté excessive ne pourraient pas être liées à un attachement marqué par des manques, parfois beaucoup de manques.
Peut-être un attachement initial qui ne nous a pas offert suffisamment de confiance en nous, en nos forces et en notre capacité à nous débrouiller seuls, en autonomie.
Cet attachement se construit dans la relation que nous entretenons avec ceux qui prennent soin de nous, les caregivers en anglais.
Et si, dans cette relation qui est primordiale pour la construction de l'enfant, il y a eu trop de manquements, ou une relation plutôt déséquilibrée avec un parent qui n'allait pas très bien lui-même, cela peut engendrer un attachement insécure.
L'enfant pourrais rester alors accroché à son parent, physiquement ou psychiquement, ou une partie de nous reste accrochée à l'espoir d'obtenir un jour ce qui n'a pas été reçu.
Que mes psychologues me pardonnent. J'écris vraiment en me basant sur mon histoire. Ne prenez pas mes mots comme une vérité absolue. Ce sont des observations. Mais je crois qu'il y a quand même un brin de vrai là-dedans.
Pour faire simple, quand un enfant a grandi avec trop de manques dans la relation à l'un de ses parents, il est possible qu'il reste collé à ce parent dans l'espoir qu'un jour il recevra enfin ce qu'il n'a pas eu.
Et c'est ici que commence l'illusion.
On vit dans des illusions.
Ces illusions habillent notre réalité. On regarde le monde à travers elles. On interprète les situations à travers elles. Et parfois on se fait très mal, trop mal, à vouloir les réaliser, ou plutôt de résister a ce qui étais une fois sans qu’on puisse faire quelque chose.
Car une chose me semble certaine :
On ne peut pas réparer le passé.
Alors pourquoi reste-t-on malgré tout si attaché à ces illusions ?
Parce que cela fait mal de regarder le manque en face. De reconnaître que c'est fini. Que cela a été ainsi. Et que cela ne changera pas.
Puis il y a deux choses.
La première, c'est qu'il faut des ressources pour aller regarder cela.
Il faut un système nerveux capable de supporter la décharge émotionnelle associée à cette douleur. Une douleur qui était souvent trop difficile à reconnaître quand nous avions 7, 9 ou 12 ans, tout simplement parce que nous n'en avions pas les capacités.
Et puis, sans trop m'étendre, nous développons aussi toutes sortes de stratégies pour éviter cela. Nous nous cachons derrière des couches de honte, de culpabilité, parfois derrière le syndrome de la victime innocente.
La deuxième chose, c'est le courage.
Le courage et l'envie de vouloir se libérer de tout cela.
Car malheureusement, ces illusions finissent souvent par devenir notre zone de confort.
Même quand elle est étroite.
Même quand elle est douloureuse.
Même quand elle sent le renfermé.
Parce qu'au moins, on la connaît.
Et qu'une vieille prison reste parfois plus rassurante qu'une liberté inconnue.